Julie attend son deuxième enfant pour septembre. Entre le congé maternité, le nouveau congé supplémentaire de naissance qui vient d’entrer en vigueur, et l’éventualité d’un congé parental ensuite, elle a l’impression de jongler avec trois dispositifs différents, versés par trois organismes différents, à des montants qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Elle n’est pas la seule dans ce cas : c’est l’une des zones de confusion les plus fréquentes chez les parents que j’accompagne.
On démêle tout ça ensemble : qui verse quoi, comment c’est calculé, et combien tu peux réellement espérer toucher selon la formule que tu choisis.
Deux dispositifs, deux logiques, deux organismes
🏥 Le congé supplémentaire de naissance — nouveau en 2026, versé par l’Assurance Maladie
Depuis le 1er juillet 2026, chaque parent peut ajouter 1 à 2 mois de congé indemnisé après son congé maternité, paternité ou d’adoption. Ce congé n’est pas indemnisé par ton employeur, mais par ta caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), sous forme d’indemnités journalières — exactement comme pour un congé maternité classique.
Tu liras souvent que l’indemnité correspond à « 70 % puis 60 % de ton salaire net ». Cette formulation est une simplification qui peut induire en erreur. Voici le calcul exact :
Ton contrat de travail est suspendu pendant ce congé, et ton employeur n’a aucune obligation de compléter ton salaire — sauf si ta convention collective ou un accord d’entreprise le prévoit. Vérifie ce point avant de faire tes calculs.
👶 Le congé parental d’éducation et la PreParE — versé par la CAF
Le congé parental d’éducation fonctionne sur une logique totalement différente : c’est une suspension ou une réduction de ton contrat jusqu’aux 3 ans de ton enfant, compensée — partiellement seulement — par une prestation de la CAF appelée PreParE (prestation partagée d’éducation de l’enfant).
| Formule choisie | Montant PreParE mensuel |
|---|---|
| ⏸ Temps complet (arrêt total d’activité) | 459,69 € |
| ⏱ Temps partiel ≤ 50 % (ex : mi-temps) | 297,17 € |
| 🕐 Temps partiel entre 50 % et 80 % | 171,42 € |
Montants au 1er avril 2026 — revalorisés chaque année au 1er avril.
📋 Durée selon la situation familiale
1er enfant
- En couple : 6 mois max chacun (jusqu’au 1er anniversaire)
- Seul·e : jusqu’au 1er anniversaire dès la cessation d’activité
- Adoption : 12 premiers mois de présence de l’enfant
À partir du 2e enfant
- En couple : 24 mois max chacun (jusqu’aux 3 ans)*
- Seul·e : jusqu’aux 3 ans de l’enfant
- Adoption : 12 mois, prolongeable jusqu’aux 3 ans**
Triplés ou plus
- En couple : 48 mois max chacun (jusqu’aux 6 ans)*
- Seul·e : jusqu’aux 6 ans des enfants
- Adoption de 3 enfants+ : 36 mois de présence**
* Lorsque vous avez 2 enfants ou plus, la durée de votre droit est réduite du nombre de mois postnataux indemnisés au titre de la maternité.
** Lorsque vous adoptez 2 enfants ou plus, la durée de votre droit est réduite du nombre de mois indemnisés par votre congé adoption.
Les deux dispositifs se suivent — ils ne se cumulent pas
C’est là que la confusion de Julie prend tout son sens : ces deux congés ne se prennent pas en même temps, mais l’un après l’autre. L’enchaînement logique est le suivant :
Le congé supplémentaire de naissance peut être fractionné en 2 périodes distinctes. En revanche, le congé parental ne se fractionne pas : il ne peut pas être interrompu puis repris. La formule peut toutefois évoluer (ex. passer d’un arrêt total à un temps partiel).
Personne n’attend de toi un choix parfait
Face à ces montants, une question revient souvent : « Est-ce que je peux vraiment me le permettre ? »
C’est une question légitime, et il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse universelle. Le temps partiel à 50-80 % permet de garder un lien avec ton poste tout en étant plus présente pour ton enfant. L’arrêt total convient mieux à d’autres situations, notamment familiales ou financières.
Ce qui compte, c’est que ce choix t’appartienne, en connaissance de cause des montants réels. N’hésite pas à utiliser le simulateur officiel sur caf.fr pour affiner ton calcul selon ta situation exacte — il prend en compte des paramètres (rang de l’enfant, ressources, trimestres cotisés) qu’un article généraliste ne peut pas couvrir.
Ce que les RH doivent anticiper
Pour les services RH et les managers, la coexistence de ces deux dispositifs demande une vraie vigilance administrative :
- ✓Le congé supplémentaire de naissance n’implique aucun versement de salaire de la part de l’entreprise (sauf accord plus favorable), mais nécessite une déclaration DSN et, en cas de subrogation, une coordination avec la CPAM.
- ✓Le congé parental suspend le contrat sans aucune obligation de versement, mais implique une gestion rigoureuse des délais de prévenance et de la réintégration du salarié à l’issue du congé.
- ✓Former les équipes RH et les managers à distinguer clairement ces deux dispositifs évite des erreurs de traitement de paie et des tensions inutiles avec les salarié·es — à un moment où ils ont besoin de clarté, pas de complexité administrative.
🔑 Ce qu’il faut retenir
- ✓Le congé supplémentaire de naissance est une indemnité journalière versée par la CPAM, calculée comme le congé maternité avec un barème dégressif : 70 % le 1er mois, 60 % le 2e.
- ✓Le congé parental est compensé par la CAF via la PreParE : montant forfaitaire selon la formule choisie (temps complet : 459,69 €, ≤ 50 % : 297,17 €, 50-80 % : 171,42 €).
- ✓Les deux dispositifs se suivent, ne se cumulent pas sur une même période : prévoir la transition administrative entre les deux.
- ✓Les montants CAF sont revalorisés chaque 1er avril — vérifier toujours le montant en vigueur via le simulateur officiel caf.fr.
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Chaque situation est unique. En tant que juriste spécialisée en parentalité en entreprise, je vous accompagne avec des explications claires, une aide aux démarches CAF et des réponses à vos questions.
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